Exposition des œuvres de Geneviève Bal et Chantal Dubois

Virton caves de l’hôtel de Ville

Du 02 au 17 novembre 2019

Elles nous emmènent…

On ne sait où mais la tentation de les suivre nous prend. Invitation cordiale à la re découverte de la simplicité.

Se laisser glisser vers nulle part, dans l’imaginaire où règnent l’insouciance et l’intemporel. Les nœuds sociaux se rompent, nos soucis s’étiolent et nous buvons à petites gorgées ces instants furtifs qui plus tard et plus tard encore se révéleront lumières en nos idées noires.

De l’humanité, femmes et fillettes, aux sentiments certes les plus nobles dans nombre de cas, occupent une place exclusive et presque permanente dans les peintures de Geneviève Bal.

Leurs visages se profilent de manière identique, sous un blaze, une coiffe et un côté élancé propres à un style qui donne le ton.
Dans un apparat réduit, la femme vaque à ses occupations, non pas ménagères mais récréatives, pensives, de découvertes, quelquefois éducatives.

Qu’elles posent ou se trouvent dans la spontanéité de l’action, ces dodues et légères à la fois, presqu’en apesanteur, ne s’encombrent jamais de superficiel.

La pureté du vêtement, du geste et de l’attitude paisible incarne un bien-être intérieur qui les rend belles au naturel.

L’environnement intime, riche en tons qui se répondent dans la douceur ambiante, contribue à la tranquillité. De composition interpellant dans certains ensembles, le cadrage serré ici, là décentré se voit contrebalancé par l’importance donnée à tel ou tel élément. La fenêtre écrase la salle de classe où les enfants rêvent à courir dans la cour de récréation, même le poisson rouge dans son bocal regarde vers l’extérieur. Une table démesurée symbole du partage des convives.

L’étendue verte d’un champ et de ce qu’offre la nature…
Natures mortes, paysages, animaux passent également sous les pinceaux de l’artiste. L’huile posée sur la toile par couches successives apporte la richesse et la complexité des teintes, parfois grattées ensuite pour faire ressortir les sous couches.

La construction d’un tableau se décline dans l’harmonie de la matière, des thèmes, de techniques et surtout d’un style bien trempé acquis au fil du temps.

Toujours en recherche et en mouvement, des toiles récentes tendent à la stylisation des thèmes.
Nous accédons par l’œuvre de Geneviève Bal à un idéal dénué de toute agressivité. Et si les chiens que promène cette fillette impressionnent, elle s’empresse de préciser : « ils sont gentils… »

D’une évidente continuité dans le travail de la première artiste, la situation s’annonce légèrement plus équivoque chez la seconde. Artiste dans l’âme, dans la pensée, dans le quotidien. Toute la vie de Chantal Dubois se construit à travers, par et pour l’art.

Ses repères sociaux en dépendent, elle qui dénonce ouvertement un mode de vie où tout va trop vite, où les valeurs se perdent et où le virtuel prend le pas sur le contact humain.

Beaucoup d’amateurs la connaissent encore pour ses terres et céramiques. Pourtant, aujourd’hui, suite à une période d’absence, Chantal Dubois revient avec un travail qui rappellera à certains ses premières amours.

De chiffons en papier, ses « poupées » – comme elle aime les appeler – évoquent le thème de l’enfance où elle puise inspiration et énergie.
Une apparente insouciance derrière laquelle se cache tout un questionnement et un travail acharné pour obtenir le résultat voulu.

La facilité d’approche et d’assimilation des sculptures de l’artiste contraste avec un monde intérieur complexe. Lorsque l’on pense détenir la clé d’accès à un travail fraichement découvert, elle nous emmène dans les méandres de sa créativité où l’inattendu donne place au perplexe… le temps d’apprivoiser, apprécier et souvent admirer l’évolution artistique.

Un an a passé. De visite chez Chantal avec hâte de découvrir ses céramiques récentes, la surprise s’éleva au-delà de mon imagination. Une série de « poupées » en papier mâché m’accueillirent.

Toutes plus belles les unes que les autres, colorées, expressives, réalistes. Un travail exceptionne mais elles doivent sortir, aller à la rencontre du public !

Décision prise d’organiser cette exposition, un détour récent par l’atelier de l’artiste s’imposait. Chantal me présente ses nouvelles « poupées »
et rebelotte… me voilà bouche bée. T’es déçu ? Non certainement pas… un peu perdu peut-être…

La finesse du travail, l’espièglerie qu’elles dégagent, un clin d’œil par-ci, par-là, une nouvelle fois le résultat ne peut que surprendre et laisse admiratif.
D’autant que la technique mérite de s’y attarder. Le papier mâché, a priori aussi enfantin que les sculptures qu’il compose, s’avère d’une complexité qui n’a d’égal le labyrinthe de la pensée et de l’imagination de Chantal Dubois.

Raison pour laquelle peut-être la maîtrise-t-elle à la perfection. À
moins et certainement qu’il ne s’agisse du talent et du perfectionnisme jusqu’à l’entêtement de l’artiste, dans un accomplissement personnel et de son art.

Frédéric GRIBAUMONT


La Commission culturelle de Virton vous invite à la découverte de cette exposition d’exception, du 02 au 17 novembre 2019, dans les salles d’exposition des caves de l’hôtel de Ville de Virton.

Renseignements : culturevirton@skynet.be – 063 44 01 81

Commentaire (1)

  • Rita Dorban| 4 décembre 2019

    Comment acheter une sculpture de Chantal Dubois,

  • Répondre

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